Haïti : catastrophe alimentaire, Plan International met en garde contre la nécessité d’agir rapidement

Plan International tire la sonnette d’alarme à la suite du dernier rapport sur la classification des phases de la sécurité alimentaire intégrée (IPC), qui révèle qu’au moins 6 000 personnes en Haïti, dont des enfants, connaissent des niveaux catastrophiques de faim et l’effondrement de leurs moyens de subsistance, classés à la phase 5 de l’IPC (catastrophe), c’est-à-dire au bord de la famine. Cette situation est due à l’instabilité politique accrue, à l’effondrement économique, à la violence et aux conditions météorologiques extrêmes.
Le pays connaît le niveau d’insécurité alimentaire le plus grave et, sans une intervention immédiate, la situation pourrait avoir des conséquences catastrophiques. » Les enfants ne devraient jamais être confrontés à la famine », a déclaré Johnson Bien-Aime, Directeur Pays de Plan International en Haïti. « Pourtant, aujourd’hui, plus de 5.4 millions de personnes en Haïti sont au bord de la famine, et ce sont les enfants qui sont les plus touchés par cette catastrophe. Les familles sont contraintes de faire des choix impossibles – de nombreux parents sautent des repas pour que leurs enfants puissent manger, mais même ces sacrifices ne suffisent plus. Sans une action immédiate, d’autres vies seront tragiquement perdues ».
Le rapport de l’IPC a également révélé que 2 millions de personnes supplémentaires (18 % de la population analysée) sont confrontées à des niveaux critiques d’insécurité alimentaire aiguë, classés à la phase 4 de l’IPC (Urgence). De plus, près de la moitié de la population (48 %) est confrontée à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë, classés comme crise ou pire (phase 3 de l’IPC ou plus) entre août 2024 et février 2025. L’impact sur les enfants et les adolescents a été particulièrement sévère, avec des taux alarmants de malnutrition aiguë sévère parmi la population de la petite enfance.
En période de crise alimentaire, ce sont les enfants, et en particulier les filles, qui portent le plus lourd fardeau. Lorsque la faim extrême s’aggrave, les filles sont souvent confrontées aux conséquences les plus dures : elles mangent moins et sont les dernières de leur famille. Cette vulnérabilité les expose à un risque accru d’être déscolarisées et contraintes au mariage/union forcé, alors que les familles luttent pour survivreet subvenir aux besoins de leurs enfants.
D’après la dernière évaluation des besoins menée à Port-au-Prince par Plan International Haïti (PIH), trois groupes de personnes sur sept dépendent des distributions d’argent et de bons d’achat pour acheter de la nourriture pour leur famille.Premierement la personne moyenne ne mangeant qu’une fois par jour, en second lieu, les enfants âgés de 6 mois à 5 ans, et en troisieme les femmes enceintes et allaitantes, sont gravement menacés par la malnutrition en raison du manque de ressources adéquates pour une nutrition appropriée.
Depuis juillet 2022, Plan International travaille en étroite collaboration avec des partenaires locals pour répondre aux besoins urgents des personnes les plus vulnérables, en particulier les enfants. Cependant, la situation continue de se détériorer et une aide internationale supplémentaire est essentielle pour éviter que d’autres vies ne soient perdues. Face à l’aggravation de la crise, Plan International intensifie sa réponse en distribuant de la nourriture et des compléments nutritionnels, en créant des espaces adaptés aux enfants dans les points de distribution de nourriture et en fournissant des services intégrés de protection de l’enfance. L’organisation travaille avec les autorités locales pour renforcer les systèmes de protection et identifier les enfants vulnérables qui ont besoin d’un soutien supplémentaire.
Plan International appelle également à une augmentation urgente du financement et de l’accès humanitaire afin de garantir que l’aide parvienne à ceux qui en ont le plus besoin, en particulier les enfants. L’extension des programmes d’alimentation scolaire et des initiatives de transferts monétairessera cruciale pour atténuer l’impact de cette crise sur les personnes les plus jeunes de la population.
« La situation est critique et, sans une action immédiate, d’autres vies seront tragiquement perdues. Cette crise aurait puêtre évitée et il est encore temps de sauver des vies si la communauté internationale agit maintenant », a conclu Mr Bien-Aime.

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