PORT-AU-PRINCE, le 7 janvier 2026 -Depuis l’entame de l’année 2026, le centre-ville de Port-au-Prince est le théâtre d’une vaste opération de sécurité. Les unités spécialisées de la Police Nationale d’Haïti (PNH), appuyées par des « task forces » d’élite, ont lancé une offensive d’envergure visant à déloger les foyers criminels ancrés au Bel-Air, à la rue Saint-Martin et dans les zones périphériques de La Saline.

Une escalade technologique dans les affrontements

Le tournant de cette opération s’est produit le mardi 6 janvier 2026. Pour la première fois à cette échelle, les forces de l’ordre ont déployé une flotte de 18 drones équipés de charges explosives pour atteindre des zones autrement inaccessibles aux blindés. Cette intervention ciblée a porté un coup sévère aux structures criminelles : selon un bilan provisoire, plus d’une trentaine de membres de gangs ont été tués et une vingtaine d’autres grièvement blessés.

Cependant, cette démonstration de force technologique a laissé derrière elle un sillage de désolation au sein de la population civile, piégée entre deux feux.

Un lourd tribut pour la population civile selon le CPD

Le bilan humain chez les non-combattants est tragique. Trente-cinq (35) civils ont perdu la vie ou ont été blessés lors des affrontements. Parmi les victimes, on dénombre 23 hommes ,incluant un jeune garçon de 12 ans et 12 femmes, parmi lesquelles figure une fillette de 8 ans.

Le drame est d’autant plus poignant que certaines de ces victimes ont péri dans des circonstances atroces. Selon des témoignages recueillis sur place par CPD, plusieurs civils avaient été capturés de force par les membres du gang « Kraze Dife ». Ces otages étaient contraints, sous la menace d’armes à feu, de creuser des tranchées dans la chaussée afin d’entraver la progression des véhicules blindés de la PNH.

Des boucliers humains face aux explosions

Ces travailleurs forcés se trouvaient en première ligne lors de l’explosion de l’un des drones d’attaque dirigés contre les positions des criminels armés. Les autres victimes civiles répertoriées dans la zone auraient été atteintes par des balles perdues lors des échanges de tirs nourris qui ont suivi l’offensive aérienne.

Cette opération, bien qu’elle marque une volonté manifeste des autorités de reprendre le contrôle des quartiers historiques de la capitale, soulève de graves questions sur la protection des civils dans des zones à forte densité urbaine où les gangs utilisent systématiquement la population comme bouclier humain.

Pour l’heure, le centre-ville reste sous haute tension, alors que les forces de l’ordre poursuivent leurs manœuvres pour consolider les positions reprises aux bandes armées.

Laisser un commentaire