Par Frantzy GENARD

L’état de santé mentale de Donald Trump demeure une énigme pour le grand public, mais constitue une inquiétude majeure aux yeux des professionnels, notamment les psychologues et les psychiatres. Il convient d’aborder la psychopathologie de sa personnalité pour dépasser les simples constats profanes et éclairer les zones d’ombre.

La santé mentale se définit comme un état de bien-être psychologique et émotionnel. Elle reflète la capacité d’un individu à affronter les difficultés de la vie, à réaliser son potentiel, à contribuer à son propre épanouissement ainsi qu’à celui de sa communauté, tout en maintenant des relations harmonieuses, tant internes qu’externes.

À la lumière de cette définition, l’analyse du fonctionnement psychique de Donald Trump soulève de vives inquiétudes. L’observation clinique de ses comportements publics laisse transparaître un ensemble de traits pathologiques qui évoquent plusieurs troubles de la personnalité :

  1. La mégalomanie : Ce trait se manifeste par une quête excessive de grandeur, des délires de toute-puissance, la revendication d’accomplissements exceptionnels (souvent fantasmés) et une conviction inébranlable de sa propre supériorité.
  2. La personnalité histrionique : Elle est marquée par un besoin insatiable d’attention et une théâtralité permanente. On observe une expression émotionnelle exagérée, ainsi que des promesses ou des menaces spectaculaires, souvent déconnectées de la réalité.
  3. Le narcissisme pathologique : Ce trait se traduit par un mépris affiché envers autrui, une arrogance constante et une tendance à rabaisser des groupes entiers de populations, perçus comme « inférieurs » ou « inutiles ».
  4. La dimension borderline (état limite) : On note ici une insécurité latente, une instabilité relationnelle chronique, ainsi qu’une impulsivité et des réactions émotionnelles excessives face à la critique ou à la contrariété.
  5. La personnalité antisociale: Ce profil se caractérise par la transgression répétée des normes, le mépris des lois et des droits d’autrui, accompagné d’une absence notable d’empathie et de remords.
  6. La personnalité obsessionnelle-compulsive : Paradoxalement, on retrouve aussi une certaine rigidité cognitive et un besoin de contrôle excessif. Il tend à vouloir imposer ses propres règles de manière unilatérale et inflexible.

Ces traits ne relèvent pas seulement de la sphère privée ; ils impactent directement la gouvernance. L’impulsivité borderline fragilise la diplomatie, tandis que le narcissisme rend difficile la prise de conseil auprès d’experts, le leader étant persuadé de tout savoir mieux que quiconque.

Au-delà de ces classifications classiques, en ma qualité de chercheur, j’estime nécessaire d’introduire un nouveau concept pour parfaire ce profil : la « personnalité transactionnelle » . Ce trait définit une vision du monde et des rapports humains exclusivement fondée sur l’échange monétaire, le profit immédiat et le rapport de force financier, dénuée de toute dimension morale ou affective désintéressée.

La personnalité transactionnelle réduit l’autre à une marchandise ou à un levier. Dans cette psyché, la loyauté n’existe pas, seule compte la rentabilité de la relation à l’instant T. Cela explique la facilité avec laquelle les alliés d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui dès qu’ils ne servent plus l’intérêt financier ou l’ego du sujet.

L’objectif de cette analyse n’est pas de stigmatiser, mais d’alerter. Lorsque la structure psychique d’un dirigeant est dominée par de tels mécanismes de défense, c’est la stabilité même des institutions démocratiques qui peut être mise à l’épreuve.

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