À l’ONU, Lula place Haïti face à « l’indifférence » de la communauté internationale

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New York, 23 septembre 2026 — Du haut de la tribune des Nations unies, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a replacé la crise haïtienne au cœur des préoccupations internationales. Dans un discours prononcé mardi 22 septembre à l’ouverture de la 81e Assemblée générale de l’ONU, le dirigeant brésilien a interpellé, en quelques mots particulièrement forts, la communauté internationale sur la situation d’Haïti.

« La crise en Haïti continue de tester les limites de l’indifférence de la communauté internationale », a déclaré Lula.

Cette phrase intervient dans un discours largement consacré aux guerres, à la souveraineté des États, au multilatéralisme et à ce que le président brésilien considère comme l’incapacité croissante du système international à répondre efficacement aux grandes crises de notre époque.

Haïti au cœur d’un appel à la responsabilité internationale

La référence à Haïti est brève, mais intervient dans un passage où Lula dénonce les ingérences extérieures, les logiques de domination et les difficultés auxquelles sont confrontés plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Haïti occupe une place historique singulière dans les Amériques : issue de la révolution de Saint-Domingue, la nation proclame son indépendance en 1804 et devient le premier État noir indépendant de l’époque moderne.

Son histoire post-indépendance reste également marquée par l’indemnité imposée par la France en 1825 en contrepartie de la reconnaissance de son indépendance. Cet épisode historique continue d’alimenter les débats sur les conséquences économiques de la colonisation, la dette et les demandes de réparations.

Ces éléments historiques permettent de contextualiser la déclaration de Lula, mais ils ne figuraient pas, dans ces termes, dans son discours du 22 septembre 2026.

Lula accuse l’ONU d’échouer face aux guerres

Le président brésilien a surtout livré une critique sévère du fonctionnement actuel des Nations unies.

Selon lui, l’organisation traverse son moment le plus critique depuis sa première intervention devant l’Assemblée générale, en 2003. Il a affirmé que l’ONU échoue dans l’une de ses missions fondamentales : préserver l’humanité du fléau de la guerre.

Lula a notamment dénoncé la paralysie du Conseil de sécurité et le poids du droit de veto détenu par ses cinq membres permanents.

« Nous sommes tous otages de l’immobilisme d’un Conseil de sécurité qui ne remplit pas son rôle », a-t-il déclaré devant les dirigeants réunis à New York.

Le dirigeant brésilien a rappelé que 2025 avait enregistré le plus grand nombre de conflits armés depuis la Seconde Guerre mondiale, estimant que les tensions géopolitiques actuelles risquent de transformer des affrontements régionaux en crises beaucoup plus vastes.

« La guerre est l’échec total de la politique »

Face à cette multiplication des conflits, Lula a plaidé pour un retour à la diplomatie et au multilatéralisme.

Dans son intervention, il a contesté l’idée selon laquelle la guerre serait simplement la continuation de la politique par d’autres moyens. Pour le président brésilien, elle représente au contraire « l’échec total de la politique ».

Son message est clair : les grandes puissances et les membres du Conseil de sécurité doivent assumer davantage leurs responsabilités et privilégier la négociation plutôt que l’escalade militaire.

La critique de Lula rejoint une position défendue depuis plusieurs années par le Brésil : une réforme profonde de la gouvernance internationale et notamment du Conseil de sécurité, afin de donner davantage de représentation aux régions actuellement exclues des sièges permanents.

Haïti, un test pour la communauté internationale

Au milieu des grandes crises mondiales évoquées à la tribune des Nations unies, la référence à Haïti prend ainsi une dimension particulière.

En affirmant que la crise haïtienne « continue de tester les limites de l’indifférence de la communauté internationale », Lula ne s’est pas limité à décrire la situation du pays. Il a placé la responsabilité internationale au centre du débat.

Deux cent vingt-deux ans après son indépendance, Haïti revient ainsi à la tribune de l’ONU non seulement comme un pays confronté à une crise profonde, mais également comme un dossier sur lequel le président brésilien appelle implicitement la communauté internationale à ne plus détourner le regard.

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